Le XXIe siècle doit s’exposer

S’exposer est assez commun pour l’artiste. Tout art est destiné à la mise à l’épreuve du regard de l’autre et surtout de sa critique et de son appréciation. Une aventure qui ne cesse d’être pénible, surtout un piège.

S’exposer à la critique est également s’exposer à se détourner de ses objectifs; pour être populaire, afin d’être apprécié.

Chaque œuvre peut aisément être difficile. Difficile à voir. Difficile à montrer.

Il y a deux bouts au spectre de l’art. Il y a le bout du connu, du déjà exploré qui est revisité, représenté et est de ce fait souvent rassurant. Cette mise en confiance qui vient de la répétition devenue familiarité. On n’a plus à présenter les impressionnistes, Beethoven, Shakespeare ou Hugo. Des milliers de fois, on l’a fait, ce qui donne l’impression de les connaître sous toutes les coutures. Des œuvres faisant partie de la mémoire. Devenues, elles-mêmes, mémoire.

À l’autre bout du spectre artistique se trouvent l’exploration, la nouveauté, la découverte. Des œuvres qui souvent semblent incompréhensibles et même choquantes. Des œuvres audacieuses occupant peu de place dans la mémoire.

Audacieuses en transgressant notre propension à laisser la mémoire penser à notre place. Il est rassurant de faire les choses comme elles ont déjà été faites, d’utiliser des recettes éprouvées. Cela est tellement vrai que lors de mes études de maîtrise l’université prétendait que faire de l’art devait se faire en utilisant l’art déjà fait comme matériau de base et matière à penser.

Dans le cas de la société. De notre société en mutation rapide nous ne pouvons plus laisser la mémoire devenir notre conscience. Nous devons tout réinventer.

J’ai souvent entendu que nous devions connaître le passé pour bien préparer l’avenir. Ce n’est pas, loin de là, toujours avéré. Nous devons valider les savoirs, même ce que nous croyons les intelligences dont nous avons hérité. Nous avons fréquemment hérité que du génie de l’ignorance.

Hérité des fabulations et échafaudages imaginaires servant à combler les vides de notre ignorance.

Il serait temps d’accepter l’idée que nous sommes réels, ici, là, maintenant, et que ce qui nous arrive. Ce que nous laissons nous arriver, les événements que nous subissons et les catastrophes que nous causons appartiennent à notre nature d’animal humain, autant notre nature darwinienne que notre nature sociale. Accepter l’idée que nous nous sommes affublés des apparats de l’humanisme un peu hâtivement.

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