L’été, le bel été brillant par son absence, n’inspire pas beaucoup l’écriture. Le hasard des rencontres porte heureusement à la réflexion.

Lors d’une randonnée en patins à roues alignées, j’ai croisé une amie qui au fil d’un échange sur le vieillissement m’a dit se souvenir d’une chanson qui disait « c’est ce qui meurt qui compte ou pèse le plus ».

Henri Laborit dans son livre intitulé « Éloge de la fuite » affirmait que le souvenir de ceux que nous avons aimés avait le poids des molécules fixant les souvenirs à nos neurones. En arts visuels, nous travaillons beaucoup avec les concepts de plein et de vide et lorsque nous évoquons les faits de mémoire nous découvrons que tous ceux que nous avons connus comptent deux fois. Une fois pour la vie partagée et une deuxième fois pour l’absence qui crée un manque. La vie, le vivre ensemble est rarement affaire d’arithmétique. Notre rapport aux autres, l’impact que ces échanges peuvent avoir sur nous, nos parents et amis peut aisément remplir tout l’espace émotif.

Il y a peu de temps se tenait le congrès des jeunes libéraux. Libérateurs de qui et de quoi je me le demande? N’a-t-on pas écrit quelque part que si nous utilisons les mêmes schèmes de pensée nous obtenons les mêmes résultats?

Se tiennent également les jeux de Pékin au cœur de la Chine, source de nombreux questionnements humains incompréhensibles vus d’ici. Il y a un certain malaise à penser que les petits Chinois à dix sous d’hier puissent à leur tour devenir nos propriétaires.

Les deux mis ensemble suivant la pensée latérale conduisent à des raccourcis. La nature humaine, nous le découvrirons forcément, n’est pas différente là-bas qu’ici. Quoique là-bas on semble tenter d’improviser moins qu’ici. Ils ont connu la cour de Qubilaï Khan admirée de Marco Polo entre autres pour sa tolérance religieuse qui espérons le, leur reviendra un jour. Ils nomment toujours leur monnaie Yuan du nom de la dynastie fondée par les Khans à laquelle a succédé la dynastie Ming il y a plus de six siècles.

Verrait-on le Canada, héritier de Wolf, nommer la monnaie Canadienne; le François? Les Chinois ont adopté aisément l’économie de marché. Durant quelques décennies, les marchands d’illusions occidentaux ont rêvé vendre des milliards de comprimés d’Aspirine au milliard de Chinois. Au bout du compte, ce sont ces mêmes Chinois qui les fabriquent et nous les vendent par l’entremise de tous les Wal-Mart de ce monde. Si nous le leur en laissons le temps, lorsqu’ils auront appris à nous faire confiance, puisque par Confucius ils ont déjà des valeurs humanistes, deviendront-ils démocratiques? C’est dans leurs gènes culturels qui malgré l’égarement de Mao et à la différence des nôtres sont historiques et accessibles à tout Chinois sachant lire le Mandarin.

Les jeunes libéraux proposent de multiplier par trois les frais de scolarité.

Leur capitaine, soit dit en passant à l’image de Harper, l’autre timonier laborieux prétend gouverner pour tous les citoyens sans égard à leur allégeance politique tout en affirmant dans un même souffle être le chef de la meilleure gang même si elle est minoritaire. Attitude pour le moins paradoxale en démocratie. Il réussit en peu de mots à réduire la politique à une affaire de gros bras. Ce qui est difficile à accepter tout en étant aisément compréhensible lorsqu’on cesse d’essayer de comprendre l’homme et tentons plutôt de comprendre l’espèce et ses réflexes. Beaucoup plus par l’anthropologie que par la psychologie nous arrivons à voir à qui nous avons affaire. Un bel arrêt sur image d’un chasseur-cueilleur le pied fièrement posé sur la gorge de la proie ou de l’adversaire.

Ce « plusse meilleur » chef de parti ou d’état (ça ne semble pas clair dans son esprit) que le Québec puisse souhaiter affirme que de toute façon le programme des prêts et bourses aurait été bonifié.

Parlons-en de ce programme supposé aider les citoyens moins fortunés à contribuer à la société du savoir en se méritant à la sueur de leur front cette formation universitaire souhaité pour tous. Nous en profiterons pour mentionner les écarts d’un autre organe gouvernemental également maladroit.

Je vais pour cela vous conter deux histoires vraies dont j’ai été le témoin. La première histoire est celle d’un homme père de famille à la fin de la trentaine. La deuxième histoire relatera les péripéties d’une petite famille comptant cinq enfants.

Un homme à la fin de la trentaine, récemment divorcé, quitte sa maison avec un des deux enfants du couple. Il déménage et quant à faire décide de réorienter sa vie. Il se trouve devant deux choix. Le premier, le plus facile quoique le plus humiliant, par l’attitude des fonctionnaires qui surveilleraient ses faits et gestes, ses colocataires, ses amours et même sa musique de chambre; l’assistance sociale.

Le deuxième choix était le retour aux études en croyant qu’une formation universitaire malgré les difficultés et sacrifices serait plus gratifiante et conduirait à plus de liberté professionnelle et financière.

Le choix fut celui du courage. Un choix qu’il croyait être également désiré par la société. Il oubliait que malgré toutes ses prétentions, la société, dans son ensemble, improvise. Parce qu’elles édictent des lois, des règlements, des normes, créent des catégories et des exclues, les instances politiques se voient rationnelles. En fait, elles sont rationnelles dans l’application de toutes ces prescriptions par ailleurs assez capricieuses en ce qui a trait aux motivations et aux valeurs humaines sous-jacentes.

La vie aurait commencé à former des organismes complexes il y a six cents millions d’années de cela. L’humain il y a près de sept millions d’années. Nous aurions commencé à faire preuve d’humanité en ensevelissant nos morts dans des sépultures sacrées il y a à peine soixante-dix ou cinquante mille ans (soit 8/10ièm de 1% de notre existence). Nous avons alors commencé à inscrire de nouvelles valeurs transcendantes dans notre culture. Nous avons réussi à constituer une multitude de nouvelles natures essentiellement psychiques. De plus il y a six mille ans de cela. Souvenez-vous du récit de Caïn et Abel. Nous serions passés du mode de vie de Chasseur-cueilleur nomade à celui d’agriculteur sédentaire. Nous avons trois natures qui s’entrechoquent dans notre monde moderne. Nous jouons de la nature inquiète du chasseur-cueilleur par conséquent féroce. Nous faisons usage dans une mesure moindre des réflexes paisibles de l’agriculteur. Finalement, nous le constatons tous les jours nous agitons frénétiquement les drapeaux des innombrables natures culturelles qui même investies d’inestimables vertus structurantes ne font parfois qu’ajouter à la confusion. Il faut comprendre de tout cela que la nature dominante comme dans l’organisation cérébrale est aussi la plus vieille, la plus antique, la première à s’être organisée. Dans le cas cérébral aussi qualifié de système nerveux central supérieur (?) on le nomme neuro-végétatif en passant par le reptilien jusqu’au Cortex et lobes frontaux sièges de notre capacité à anticiper l’avenir. Les instincts, les réflexes de survie de peur et de plaisir de la part reptilienne sont enfouis profondément en nous.

La dernière nature à apparaître est la nature culturelle. Elle est pour cette raison la plus fragile. Dans les priorités de survivance, elle passe donc en dernier.

C’est d’ailleurs pour ces raisons que le capitalisme et l’économie de marché réussissent si bien. Ce n’est pas la justesse des théorèmes mathématiques ou même l’élégance du modèle de répartition des ressources qui en font le succès. Ils s’ajustent plutôt l’un et l’autre aux mécanismes de survie et de compétition de l’antique chasseur-cueilleur dont nous sommes tous les béats héritiers.

Selon le célèbre historien Arnold Toynbee, vingt-six civilisations se seraient effondrées avant la modernité. Michelet un autre historien a écrit que les citoyens Romains découragés par le peu d’empathie de l’état auraient laissé les Barbares conquérir Rome parce qu’il n’y avait rien là pour eux qui valait la peine d’être sauvé. Comme ceux qui nous ont précédés, l’échec nous attend. Cette fois-ci ce n’est pas l’échec de quelques prétentieux. Toute l’espèce est menacée par notre étroitesse d’esprit. Notre défi si nous désirons réellement survivre en tant qu’espèce est de transcender cette nature que nous portons dans nos gènes. Le seul moyen serait d’adopter et de faire valoir souvent malgré nos tendances forcément naturelles une autre nature; culturelle celle-là comme nous avons commencé à le faire avec beaucoup de réticences. Il suffit de lire dans l’actualité les décisions de l’équipe des Schtroumpfs d’Ottawa envers la culture pour constater à quel point le glorieux C.C. (chasseur-cueilleur) répugne à laisser la place qu’il croit être la sienne, disons le, de droit divin.

Gandhi nous a montré qu’il était possible de transcender la peur, les méfiances et angoisses engendrées par des millions d’années d’expositions aux menaces plus souvent appréhendées que réelles du monde. Ce qui vient du dedans, les films ne cessent de nous le montrer, est plus effrayant que le dehors. Il fut un temps très long dont se souvient notre corps durant lequel nous chassions notre dîner ou étions mangés par notre dîner. Nous sommes devenus méfiants et inquiets par nature. Sous la pression de notre nombre, nous sommes désormais entre nous. Nous sommes désormais la source des plus grands périls qui nous guettent. Les solutions par conséquent devront venir de nous. Si nous prenons les mesures éthiques appropriées, surtout les valeurs humanistes les plus désirables, les plus susceptibles d’assurer une survie heureuse, nous survivrons aux démons intérieurs du chasseur-cueilleur. La condition humaine est devenue avec le nombre le dernier Léviathan.

Richard Leakey membre éminent d’une famille composée de trois générations d’Anthropologues n’hésite pas à affirmer que l’espèce humaine est la seule à persévérer hors de toute raison à l’usage de façons de faire et de technologies destructrices pour elle-même. Habituellement lorsqu’une activité fait atrocement mal, sauf si on est pathologiquement masochiste, on cesse de la pratiquer. Entre autres, des milliers de morts, d’infirmes et de maladies résultent de l’usage de l’automobile personnelle et on continue d’en favoriser l’usage.

Le premier pas positif serait de consacrer nos ressources à de vrais besoins.

Revenons à l’étudiant mature. Il a d’abord terminé une première formation universitaire à la suite de laquelle il n’a pas trouvé d’emploi. Il en a donc ajouté une deuxième plus avancée dans le même domaine. Sept ans plus tard il avait en poche une formation détenue par seulement sept pour cent des Québécois, une dette d’étude de quarante-cinq-mille dollars (45 000 $) (n’oubliez pas qu’il avait enfant à charge) et toujours pas d’emploi.

Durant les années subséquentes, il a vivoté et s’est promené d’un emploi précaire à l’autre. Il n’a finalement trouvé de travail stable que huit ans plus tard. Durant toutes ces années, il n’arrivait à rembourser que parcimonieusement le prêt contracté auprès du ministère de l’Éducation qui ne cessait d’accumuler les intérêts et les frais.

Voici la deuxième histoire dont j’ai été témoin :

Il y a vingt ans de cela, un couple de mes connaissances héritait d’une petite somme. Accompagnés de leurs cinq enfants cela leur a permis de verser le comptant nécessaire à l’achat d’un triplex sur une rue passante de Montréal. Au fil des ans ils l’ont rénové et vendu pour aller installer la petite famille dans un bungalow en banlieue éloignée. Riches du petit pécule qu’ils avaient réussi à dégager ils en ont profité pour ouvrir un commerce de détail dans le village. Deux ou trois ans plus tard, ils ont fait creuser une piscine dans la cour pour les enfants. Alors qu’ils étaient à emménager le commerce dans un local plus petit, un inspecteur de l’Agence du Revenu du Canada a demandé à examiner les livres comptables. Voyant le désordre des boîtes et des dossiers qu’elle était à déménager la femme a bien candidement invité l’inspecteur à examiner les livres chez elle, sur la table de cuisine.

Lorsque l’inspecteur a vu le bungalow et la piscine, il a jugé à tort que ce couple devait cacher d’importants revenus. Il a, voyant (nous supposons) sa prime au rendement augmenter, présenté une cotisation de quarante-cinq-mille dollars d’impôts sur le revenu impayé qui ont été doublés par l’autre Ministère du Revenu (la prédation crée des liens). Il en a résulté une poursuite de quatre-vingt-dix-mille dollars à l’encontre des propriétaires d’un tout petit commerce dans un minuscule village près du fleuve.

Ce couple Parent de cinq enfants a dû déclarer faillite. Ils ont tout perdu, y compris la résidence familiale. Ce n’est que lorsque tout fut terminé qu’ils ont appris avoir été simplement victimes de la mesquinerie de l’inspecteur de l’Agence du Revenu. Il avait trouvé, sans vérifier les titres et modes de paiements que le Bungalow et la piscine étaient trop chics pour une petite famille propriétaire d’un petit commerce. Ce serviteur de l’état aux incommensurables moyens ne pouvait apprécier les résultats de la discipline et de la débrouillardise du simple citoyen. Cette femme, citoyenne ordinaire qui a fait confiance au serviteur de l’état qu’elle avait candidement invité chez elle est maintenant veuve. Deux ans après la faillite, son compagnon de vie et père de ses enfants est décédé au milieu de la cinquantaine des suites d’un arrêt cardiaque. Le chasseur-cueilleur, prédateur par excellence est ainsi fait qu’il lui est plus facile d’endosser la redingote de Javert ou même la literie des Thénardier que faire usage du biceps généreux de Jean Valjean. Je crois me souvenir également que lors des inondations du Saguenay le premier ministre de la province d’alors avait survolé le désastre le cœur saignant tout en approuvant son percepteur d’impôt qui acculait rétroactivement des centaines de travailleurs à pourboires, surtout des femmes, à la faillite.

Suivant les lois du Québec; lorsqu’un conducteur ivre tue, il est passible de quatorze années d’emprisonnement. Les juges n’ont jamais imposé la peine capitale pour ce genre de crime. Les juges pour la plupart lucides et clairvoyants humanistes répugnent à imposer les peines les plus lourdes. Ils savent très bien que, contrairement aux structures sociales, le citoyen meurt jeune. Chaque jour et chaque heure de sa vie a une très grande valeur (C’est ce qui meurt qui a le plus de valeur). Si j’étais cynique, je dirais que l’emprisonnement coûte trop cher, mais laissons là le cynisme.

Le réseau pénitentiaire libère les détenus ayant purgé un sixième de leur peine pour bonne conduite. Contrairement au ministère de la Justice, les ministères bailleurs de fonds tels que le Ministère du Revenu ou le programme des prêts et bourses aux études ne peuvent démontrer de compassion envers le citoyen.

Notre étudiant de tantôt a fait ce que la société attendait de lui. Douze ans plus tard, il doit toujours, contrairement à ce qui serait arrivé s’il s’était inscrit à l’assistance sociale plutôt qu’à l’université, rembourser l’aide financière consentie par l’état. Tous les mois, il doit verser trois-cent-cinquante dollars nets après impôt duquel douze ans après le prêt plus d’un tiers de la somme ne couvre que les intérêts accumulés. Plus il est longtemps assujetti à l’aide financière aux études plus l’étudiant est pénalisé qu’il soit diplômé ou non. Cela devient une hypothèque prise sur l’avenir. Et si les frais de scolarités étaient effectivement trois fois plus élevés comme le suggèrent les jeunes Libéraux, est-ce que l’aide accordée et ses pénalités seraient elles aussi trois fois plus importantes? Y aurait-il par conséquent des diplômés chargés d’un papier valeureux et d’une hypothèque sur la vie de vingt-cinq ans?

Ne pourrait-il pas y avoir collaboration entre les différents acteurs de la société du savoir? Ne pourrait-il pas y avoir partage des frais entre les différents gouvernements; Québec, Ottawa, ministères de l’Éducation et du Revenu, les employeurs et l’étudiant? Les employeurs ne devraient-ils pas être tenus par exemple de rembourser un certain pourcentage par année d’emploi de la dette d’étude d’un employé? Le gouvernement ne pourrait-il pas éviter de percevoir des intérêts comme n’importe quel banquier?

N’oublions pas qu’au cours d’une vie un diplômé versera plusieurs fois l’impôt d’un non-diplômé. Un diplômé est beaucoup plus rentable pour l’État même s’il n’a qu’une vie à vivre comme tout ce qui meurt. Pourquoi faut-il toujours tout livrer au hasard du succès. Comment se fait-il qu’on accepte encore l’improvisation? Éduquer ses enfants comme les soigner ne devrait-il pas faire partie des capacités de base d’un état comme il en est de la famille?

Quelques soient ses efforts le Chasseur-cueilleur n’arrive pas à donner sans prendre en retour. Certains disent que le diable est dans les détails. User des vies n’est pas un détail. Le diable est plutôt dans la nature archaïque de l’humain trouvant ses origines dans une autre réalité. Cette nature quoique désuète est toujours active sous le vernis de la culture. La culture humaine que nous inventons pour nous depuis peu de temps, dans laquelle nous retrouvons les modèles de transcendance éthique est la seule, malgré sa jeunesse, qui conduise à notre émancipation et pourrait faire de notre condition la possibilité d’être heureux entre nous.

Parce que l’État s’abreuve aux mêmes sources et se nourrit à la même table, il n’arrive pas à éviter la compétition pour les ressources avec ses citoyens. Le commensalisme lui vient difficilement à l’esprit. Même s’ils ne savent pas mourir et par conséquent mettre un frein à leur appétit, aucun état, hormis les Émirats Arabes unis (ce qui ne saurait durer que le temps que durera la drogue pétrolifère) n’arrive à faire valoir des sources de revenus (la taxe Tobin par exemple) qui l’affranchiraient de la compétition avec ceux qui meurent. Ils sont comme des parents qui ne vivent que du salaire de leurs enfants et ne savent plus s’en passer. Une des nombreuses incohérences qui nous viennent de notre nature inconsciente que nos politiciens et fonctionnaires n’arrivent pas à transcender. Les programmes gouvernementaux comme celui de l’aide financière aux études réussissent à être plus exigeants envers la vie de ceux qu’ils se promettent d’aider que le système pénitentiaire.

Il n’y a que la culture transformant le chasseur-cueilleur en être humain qui y arriverait, mais malheureusement pas plus ici qu’en Chine on ne devient chef de quelque organisation politique que ce soit en faisant usage de culture humaniste. Pierre Bourque a essayé et nous ne pouvons oublier ce qui est arrivé à Bernard Landry aux mains des gros bras. Ce n’est pourtant que de là que viendraient pour l’instant de nouvelles manières de penser l’État.

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