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Je me souviens du bon frère Gingras des Écoles Chrétiennes. Il a été durant de longues années responsable de l’Amicale Meilleur à l’école Jean-Baptiste Meilleur sur la rue Fullum à Montréal que je fréquentais au milieu des années soixante. J’ai plus d’une fois entendu le frère Gingras affirmer que l’homme ne vit pas que de pain.

Jean Charest semble ignorer cette part de notre nature. Il nous a, sans égard à notre malaise, projeté dans une campagne électorale. Nous ne serions pour lui que des outres goulues? Ne serait-il qu’opportuniste en croyant que nous ne sommes faits que de peurs ou cynique en proposant que notre nature de citoyen se réduit à la faim?

Depuis que la crise économique a atteint des proportions titanesques, je ne peux entendre les journalistes parler de l’économie réelle sans frémir.

Même sonné, je ne peux éviter de me demander comment il est possible de distinguer la vraie économie de l’autre. Parle-t-on de réel ou d’imaginaire? L’économie produisant des milliardaires serait virtuelle?

Au milieu des années quatre-vingt, Brian Mulroney nous a annoncé qu’à compter de cette décennie, la plus grande part des revenus des Canadiens provenaient plus des placements que des salaires. Nous étions entrés dans une nouvelle zone économique dont nous connaissons maintenant les résultats.

Tous les jours, il nous est montré à la télévision des cambistes obnubilés devant des écrans montrant les courbes échancrées de croissance ou de décroissance des titres. Je n’y vois qu’autant d’électrocardiogrammes ou d’adolescents devant leurs jeux vidéo.

Il n’y a là de réel que les voitures luxueuses telles Mercedes ou BMW qu’ils abritent dans des garages immaculés et que ne peuvent se payer, même en travaillant d’arrache-pied, la très grande majorité des autres citoyens.

Ce n’est pas par un dimanche après-midi ensoleillé, seul sur une autoroute large au bitume sec avec une bonne voiture en mains que nous pouvons constater si nous sommes bon conducteur. Ni même sur le circuit Gilles Villeneuve après des milliers de pratiques dans un environnement contrôlé ou au volant d’un gros autobus immobile.

Nous découvrons si nous sommes bon conducteur doté de bons réflexes lors d’une urgence extrême sur une petite route encombrée à l’heure de pointe exposée au vent et au verglas.

Nous constatons actuellement que les meneurs « leaders » de l’économie ne sont que de piètres conducteurs au volant d’un très mauvais véhicule.

Il serait plus que temps d’exiger qu’ils arrêtent de conduire dans le champ et s’astreignent en plus à obtenir un permis.

Harper et Charest voudraient que nous leur fassions confiance aveuglément. Ils viennent de prouver qu’ils ne savaient finalement que profiter des bonnes occasions. Monsieur Charest improvise-t-il aussi mal que ces hommes avec lesquels il est solidaire?

Nous disons parfois qu’un arbre est jugé à ses fruits. Compte tenu des raisons pour lesquelles notre premier ministre a déclenché des élections, compte tenu des habiletés que démontrent actuellement les spécialistes de l’économie virtuelle face à laquelle ils semblent des joueurs compulsifs, je comprends très bien que monsieur Charest refuse que l’état mette son nez dans les livres de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il se connaît et sait de quelles maladresses il est capable.

N’a-t-il pas refusé que le Montréal de l’ouest anglais soit fusionné avec le Montréal est français alors qu’il met de l’avant la construction d’un train rapide reliant ou plutôt liant économiquement Québec à Windsor?

N’a-t-il pas fait capoter le projet de construction du CHUM pour satisfaire des caprices que nous ne comprenons toujours pas?

Depuis l’annonce de la mondialisation, depuis Reagan et Thatcher, nous souffrons des abus du capitalisme sauvage, de l’économie d’improvisation. La porte est ouverte pour que les états démocratiques reprennent leur ascendant sur l’économie pour le bien du plus grand nombre. Ce n’est plus le temps, comme Stephen Harper et Jean Charest le prétendent, de laisser le champ libre aux cambistes et laisser carte blanche à quelques milliardaires de l’économie virtuelle. Le vrai monde, la vraie réalité, l’économie réelle, puisque le terme semble approprié, ont besoin d’intelligence, pas d’un électrocardiogramme sur un écran plat à deux dimensions.

Durant la récente campagne électorale américaine, John Mc Cain défendait de toute sa foi les vertus de l’économie dégoulinante « trickle down economy ». Pour faire image, cette économie ressemble à une pyramide composée de coupes de cristal au sommet de laquelle vous versez du champagne. Lorsque les coupes se gorgent de champagne, il y en a toujours qui déborde et se retrouve dans les écuelles de la classe moyenne qui attend en bas que les débordements se rendent jusqu’à elle.

Comment peut-on qualifier un tel système d’économique? L’économie n’est-elle pas censée mesurer et équilibrer les échanges entre tous les humains, favorisant la survie de tous les individus qui, quel que soit leur âge, composent une société?

Jean Charest promet d’exempter de la taxe de vente quelques segments de l’activité culturelle.

Je prétends que la production culturelle est au moins aussi importante que la production agricole. Alors que la première nourrit le corps, l’art, puisque nous ne vivons pas que de pain, ce producteur de culture, nourrit le cœur et l’âme. Ce cœur et cette âme font de nous ce que nous sommes.

Où est le 1% minimal du budget qui devrait être dédié à la production artistique au lieu des miettes dont il propose de se priver sans avoir à les investir?

Où seraient pour les arts visuels les rabais d’impôt dont pourraient bénéficier les acheteurs qui, pour certains, n’attendent qu’un minimum d’encouragement gouvernemental?

L’école publique souffre depuis très longtemps d’un manque chronique de ressources. Le montant des subventions gouvernementales par élève étant moins élevé au privé qu’au public, il semble que le gouvernement économise en favorisant comme il le fait l’école privée. De plus les écoles privées étant tout de même subventionnées, elles représentent une économie pour l’élite qui y envoie ses enfants.

Il n’y a que l’éthique démocratique qui puisse mettre de l’ordre dans tout ça. Où est-elle? Je ne l’entends pas s’exprimer.

Stephen Harper proposait de nous étendre vers le Nord canadien, Jean Charest propose de développer le Nord québécois. Combien de Schefferville propose-t-il? Qui a besoin de nos bras pour exploiter le Nord québécois?

Stephen Harper suggérait que nous prenions des forces en lui donnant le pouvoir sans partage. Impertinent, Jean Charest nous demande de voter pour un gouvernement libéral fort. Les similitudes sont-elles un hasard?

Nous avons tous connu le jeune Jean Charest qui rêvait plus que tout de devenir premier ministre du Canada. Il doit maintenant se contenter du Québec, mais a-t-il cessé de rêver de devenir « a great Canadian », d’accrocher sa photo près des autres?

Je terminais l’écriture de ce texte lorsque nous avons tous assisté au débat des chefs à la télévision. Ai-je entendu Mario Dumont reprocher à Jean Charest de ne rien entendre et de s’opposer aux deux chefs de partis représentant la majorité des Québécois assis devant lui? Dans un débat Jean Charest donne l’impression de détester tout ce qui au Québec n’est pas canadien.

Ce que pour ma part j’ai trouvé curieux est qu’il prend pour lui le projet qu’il ne peut accomplir en aucune manière, porté depuis très longtemps par les souverainistes québécois, de travailler à la stature du Québec dans le monde plutôt qu’à son statut dans le Canada.

Comme en économie il y a en lui deux mondes. Le premier fait de paroles et de promesses virtuelles et un deuxième réel qu’on ne doit surtout pas voir pour ce qu’il est.

Tout cela étant dit, nous avons finalement à choisir entre un Canadien mécontent ou une grande Québécoise comme première ministre du Québec?

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