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LE SENS DE L’ART

 

L’été de l’an 2009 est déjà presque terminé. Neuf ans déjà que nous avons survécu sans coup férir au « bug » de l’an 2000. N’y comprenant rien, nous avons à peine versé une larme en effleurant le souvenir de Woodstock.

Prendre conscience de la réalité des phénomènes et de leur nature est un processus extrêmement long et parfois impossible, que ce soit pour les individus, les sociétés ou les civilisations. Des décennies, des siècles et même des millénaires suffisent à peine. Vingt-six siècles de raisonnements et nous en sommes encore aux intuitions d’Aristote et de Platon.

Depuis peu, nous apprenons que l’humain est essentiellement doté de cinq sens : le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue. Nous savons également que le corps a une tête. Sans la tête, les sens ne sont rien. Leurs signaux et leurs contacts avec les objets et les phénomènes du réel ne se rendent nulle part. Tous ensemble, ils deviennent auras d’émotions qui, en devenant mémoire persistante, deviennent sens. Le sens des sens; le sixième sens.

Il y a quelques années seulement, en 1956, un chercheur du nom de Gustav Eckstein a cru nécessaire d’intituler son ouvrage The body has a head (Le corps a une tête). Une évidence pas si ridicule que cela puisque nous y cherchons toujours un improbable sixième sens magique alors qu’à l’évidence cela ne peut être que le sens des sens.

Les films et les émissions télé sont pleins de chasses aux fantômes et de vampires de tout acabit. Nous en sommes toujours à illustrer nos peurs et notre profonde ignorance de nous-mêmes par le biais de métaphores oiseuses. Adoptant des airs de littérature et de jeux de mots, nos philosophies s’encombrent de subtilités absconses et de bondieuseries qui ne servent qu’à exprimer le malaise d’être et le doute. Certains croient même qu’il y aurait un combat entre le bien et le mal.

Longtemps, l’artiste fut compagnon du shaman. Alors que le shaman, lié par nature au mystère, ne cesse de poursuivre des mirages, l’artiste cherche l’art tout près, en soi et en l’autre.

Lorsque nos ancêtres ont inventé la ville et par conséquent l’humanité, l’artiste est devenu un artisan des cinq sens, le modeleur d’objets utiles ou représentatifs portés par l’inévitable matérialité de la chose hors soi. L’artiste s’est longtemps demandé s’il était fait de cette fibre rugueuse ou s’il était une incarnation d’un autre type. S’il devait sa nature à des origines éloignées tout là-haut ou s’il venait tout simplement du coeur qui bat, dans lequel il a déjà cru qu’il tenait tout entier.

L’artiste, même artisan, ne pouvait manquer de se voir, ainsi que le meilleur de nous tous, dans la pierre et dans le pigment. Au bout du tunnel moyenâgeux, quatre longs siècles après la fondation de l’université de Bologne, malgré l’effroyable morbidité, l’artiste renaissant a perçu l’intelligence de sa quête et assumé sa valeur. Quatre nouveaux siècles plus tard, l’artiste atteint de romantisme se libérait émotivement. Il prit alors conscience qu’il était découvreur et créateur de sens humain. Des cinq sens, il a fait le sens de l’art. Le seul qui importe avec toutes les dimensions intermédiaires, toutes les nuances allant des cinq sens au sixième sens.

Il y a l’artiste du mot, l’artiste du son, l’artiste du toucher, l’artiste de la vision, les différents artistes de tout. Quel qu’il soit, l’artiste n’est jamais l’artiste d’un matériau ou d’un support. Main dans la main avec Darwin et Freud, il s’est découvert un double psychique générateur d’un être fait de sens et de conscience.

L’art est cumul de matériaux à penser, il est élaboration de culture. Lorsque, du printemps à l’hiver, tout le long des orbites parcourues, la culture émerge comme la fleur au printemps, elle devient une seconde nature. Comme l’iceberg émergeant de l’onde devient tout autre.

Il y a quinze milliards d’années, l’Univers tout entier a trouvé ses origines dans un Big Bang incommensurablement foudroyant. Le Big Bang n’a eu lieu ni dans le temps, ni dans l’espace. Sans cesse en expansion l’Univers poursuit l’auto-création du réel, du temps et de l’espace. Engendrée, comme le reste, par la nature explosive du Big Bang, notre planète n’est qu’un globe dense de particules explosées et agrégées en molécules, une accrétion de poussière cosmique. Nous sommes tous des Münchausen chevauchant un boulet véloce.

Au coeur de ce fracas, à l’origine incompréhensible, la vie apparaît comme une deuxième création improbable de laquelle émerge, presque évolué, l’animal humain.

À l’image de la formidable déflagration d’où ne cesse de sortir le réel, le temps et l’espace, un être humain fait de conscience et de sens s’extirpe de l’animal humain sans en sortir tout à fait. Calquant l’univers essentiellement producteur de temps et d’espace, nous produisons du sens et de la conscience au fur et à mesure que nous progressons.

L’homme de science inventeur de savoir est chercheur de réalité, de temps et d’espace.

L’artiste créateur de culture est chercheur d’Être, de sens et de conscience.

Par l’art les artistes imaginent l’univers culturel
dans lequel nous découvrons notre humanité.
Sans les artistes nous en serions réduits
à jouer de notre humanité à l’oreille.
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